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Le radon, une problématique typique de l'Arc jurassien

Vignette du numéro 271 de Juillet 2017

Article publié dans le numéro 271 de Juillet 2017
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paysage karst

Avec son ossature de karst particulièrement sujette aux fractures, l’Arc jurassien franco-suisse est autour du massif du Jura particulièrement exposé au risque radon. Ce gaz radioactif provient en effet de la désintégration naturelle du radium, lui-même issu de l’uranium 238, particulièrement présent dans les roches granitiques ou volcaniques. Déclaré cancérogène par l’OMS dans les années 1990, le radon est « le polluant naturel le plus dangereux de l’air intérieur », et l’élément le plus susceptible de déclencher un cancer du poumon chez les non-fumeurs.

Le radon est au cœur du projet de recherche JURAD-BAT, né de la volonté scientifique de mettre en commun les connaissances et les expériences de part et d’autre de la frontière. Lauréat du programme Interreg V, démarré en septembre 2016 pour trois ans, JURAD-BAT réunit les compétences de chercheurs de l’université de Franche-Comté et de la Haute Ecole d’ingénierie et d’architecture de Fribourg. Régine Gschwind, chercheure en physique médicale au laboratoire Chrono-environnement, est responsable scientifique du projet. « Notre objectif est de rassembler des données complètes sur ce territoire et de bâtir des outils utiles à toute la communauté. »

Une plateforme web transfrontalière devrait à terme naître de ces investigations, distillant des informations et des recommandations de différentes natures, générales auprès du grand public, réglementaires pour les décideurs, et techniques à destination des professionnels du bâtiment. Car si l’atome de radon est biologiquement inactif et ne peut se fixer sur les tissus de l’organisme, sa désintégration lui permet de libérer des rayons alpha, qui eux sont cancérogènes en cas d’exposition prolongée. D’où l’importance de savoir qu’il faut bien aérer une maison ou un bâtiment public pour éliminer le radon ambiant, de relayer les directives et les mesures à mettre en place, enfin de connaître et d’utiliser les techniques d’isolation qui rendront plus étanches les bâtiments à l’infiltration du radon par le terrain. « L’idée est aussi de lier cette problématique à celle de l’énergie, afin d’adopter une démarche environnementale cohérente. »

Contact :

Régine Gschwind

Laboratoire Chrono-environnement - Université de Franche-Comté / CNRS

Tél. +33 (0)3 81 99 46 75