Évaluer l’état de santé des sols, favoriser leur gestion durable, contribuer à leur restauration : telles sont les préoccupations des experts réunis à l’occasion des Rencontres nationales de la recherche sur les sites et sols pollués, organisées tous les cinq ans par l’ADEME1.
La cinquième édition de ces rencontres s’est tenue l’an dernier à Paris autour de quatre cents participants, un événement suivi de la publication d’un rapport et de sa synthèse.
Les chercheurs du laboratoire Chrono-environnement Annette de Vaufleury et Frédéric Gimbert ont chacun présidé l’un des quinze ateliers thématiques qui ont permis de faire le point sur les recherches dans un domaine d’une importance majeure : les sols sont essentiels au maintien de la biodiversité et à la régulation du cycle de l’eau, assurent un rôle de filtre naturel, fournissent un support à la production de végétaux…
Selon le constat alarmant de l’ADEME, 60 % des sols de l’Union européenne voient leurs capacités à remplir ces fonctions écologiques menacées par la pression anthropique. En reprenant l’ensemble des discussions échangées entre les scientifiques et les acteurs socio-économiques présents lors des rencontres, le rapport publié fournit de nouveaux éléments de connaissance, utiles à donner à la recherche ses orientations pour les prochaines années, ainsi qu’à nourrir la réflexion sur l’adoption d’un cadre législatif commun aux pays de l’Union. La version finale d’une directive européenne sur la surveillance et la résilience des sols sera en effet soumise au Parlement européen à l’automne 2026.
Les ateliers ont fait valoir le renouveau des approches scientifiques et la performance des outils, souligné les prises de conscience et les volontés de coopération, mis en avant les points à améliorer et les priorités pour l’avenir.
En matière d’écotoxicité par exemple, Frédéric Gimbert rappelle que les connaissances scientifiques actuelles concernent moins de 100 000 produits chimiques sur plus de huit millions disponibles sur le marché ; il relaie l’importance de considérer leurs différents modes d’action et la combinaison de leurs effets, pour approcher plus justement la réalité de leur impact sur les sols.
Annette de Vaufleury souligne une évolution positive dans la manière d’aborder la question des sols, prenant notamment désormais en compte la question de leur usage ; la chercheuse relève aussi une meilleure fluidité dans le transfert des méthodes scientifiques vers les acteurs de terrain, comme les bureaux d’études.
Problématique de la requalification des friches, solutions biologiques pour le traitement des sols, évaluation de la toxicité des polluants et de leur impact sur le vivant…, les rencontres de l’ADEME ont effectué un tour d’horizon complet et scientifiquement pointu, auquel ont activement pris part les chercheurs de Chrono-environnement.