Université de Franche-Comté

[Modèle en projet]

Faire le lien entre canicule, territoire et santé

Le cortège de canicules et d’épisodes de chaleur de plus en plus fréquents depuis la décennie 2000, et l’impact de ces événements sur la santé des populations sont bien documentés à l’échelle départementale en France.

Le croisement des informations fournies par les banques de données1, spécialisées dans les domaines de la santé et du climat, établit de façon probable la corrélation entre les chaleurs extrêmes et la hausse de la fréquentation des urgences et du taux de mortalité dans la population.

L’agence Santé Publique France en présente notamment des conclusions par département, et en fonction de seuils de température, définit les mesures et actions de prévention à destination de la population lors de la période de veille sani­taire courant du 1er  juin au 15 septembre.

Affiner spatialement ces observations est l’objectif du projet CaTS, piloté au laboratoire ThéMA par la géographe Anne Griffond-Boitier et la géographe climatologue Manon Kohler, partant de l’hypothèse que l’impact des canicules diffère selon les milieux géographiques touchés, les cadres de vie, les disparités d’occupation humaine, l’accès au soin et les profils socio-démographiques des habitants.

Le travail des chercheuses et de leurs collaborateurs 2 vise à établir un modèle statistique épidémiologique « chaleur-santé » sur la base d’un modèle numé­rique atmosphérique et des différentes variables qui s’intéressent aux cadres et aux modes de vie des populations.
Ce travail mené de façon inédite sur la région Bourgogne – Franche-Comté a fait l’objet d’un premier test à l’échelle intercommunale, sur la base des années 2015, 2018 et 2019.

« La modélisation est complexe, elle nécessite pour les simu­lations climatiques des arbitrages sur la manière dont les modèles atmosphériques voient la surface terrestre et les habitations ; elle suppose de longues heures de calcul que nous travaillons à réduire… Les premières indications qu’elle fournit montrent que nous sommes dans une bonne voie », rapporte Anne Griffond-Boitier.

Actuellement, les recherches dans ce domaine s’intéressent aux grandes métropoles et aux liens entre îlots de chaleur et mortalité. « Elles regardent moins ce qui se passe dans les territoires ruraux, une des originalités du projet. La région présente à ce titre une grande diversité de milieux comme les plateaux du Jura ou la plaine de la Saône », explique Manon Kohler.

Les enseignements de l’étude CaTS seront utiles pour aider à repérer les manques en termes de prise en charge sur le territoire et à mieux organiser le système de santé, quand la pression sur les services s’accentue en période de forte chaleur. Ils serviront également à mieux gérer les plans canicule et les actions publiques de pré­vention des risques liés à la chaleur.

Informations et résultats du projet seront mis à la disposition des déci­deurs sur une plateforme, telle que OPTEER (Observation et pro­s­pective territoriale énergétique à l’échelle régionale), « un dis­positif innovant de connaissance, d’analyse et de prospective » développé dans la région.

1 La base de données Sursaud® de Santé Publique France, par exemple, regroupe les données de passages aux urgences par motifs et symptômes, les décès inventoriés par l’INSEE et les appels à l’association SOS médecins.
2 Santé Publique France BFC, AtmoBFC, Laboratoire LIVE de Strasbourg.
Crédit photo 1 : Freepik
Photo 2 : János Venczák – Unsplash

 

Contact(s) :
Laboratoire THéMA
UMLP / UBE / CNRS
Anne Griffond-Boitier / Manon Kohler
Tel : +33 (0)3 81 66 54 27
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