Université de Franche-Comté

[Mobilité douce]

Un vélo-cargo en centre-ville

Faire entrer et sortir des marchandises en plein centre-ville représente souvent un casse-tête, assurément des nuisances et un coût environnemental important.

Le vélo-cargo est une solution de mobilité douce pour répondre aux attentes, tout en évitant contraintes de stationnement, encombrement de la voie publique et pollution. Ce nouveau moyen de locomotion fait l’objet de tests sur le terrain de la part d’une équipe de la Haute école de gestion Arc, qui en a acquis un exemplaire dans le cadre d’une recherche dédiée à la mobilité urbaine.

Une étude menée pendant quatre ans par l’Institut du management des villes et du territoire (IMVT), avec la collaboration du Réseau des villes de l’Arc jurassien et la participation de la Confédé­­ration suisse.

Ce projet a également donné lieu à l’édition d’un guide pratique : à destination des décideurs et acteurs locaux, il dresse un état des lieux et propose réflexions et solutions concrètes en matière de logistique urbaine, pour faire d’un problème une opportunité.

250 millions de colis de moins de 30 kg étaient livrés à travers la Suisse en 2023, les 2/3 à des particuliers. Parmi eux, 60 % des commandes de vêtements et de chaussures sont retournées à l’expéditeur (chiffres La Poste).

Dans un autre registre, une ville de 12 000 habitants comme Delémont voit ses restaurants « produire » 50 tonnes d’huiles usagées par an. Ces quelques exemples chiffrés suffisent à illustrer l’importance de la circulation des marchandises et des déchets à l’échelle des territoires et des villes.

 

Gérer le dernier km

Le recours au vélo-cargo promet d’accéder plus facilement aux rues et ruelles des centres pour assurer livraisons de colis et retrait des déchets, et répondre ainsi à la problématique du « dernier kilomètre ».

Avec une charge totale de 450 kg et des dimensions garantissant un faible encombrement au sol en même temps qu’une capacité de chargement adaptée aux normes du transport routier, le vélo-cargo tout électrique roule sur trois roues à 25 km/heure.

Il effectue ses trajets entre le centre et un dépôt logistique situé en périphérie de la ville, un hub alimenté ou évacué par camion.

« L’un des verrous à lever est l’homologation du vélo-cargo sur les routes suisses », explique Nicolas Babey, doyen de l’IMVT et pilote du projet. «­ Notre objec­tif, à terme, est d’assurer le développement et la fabrication d’une petite flotte de véhicules en partenariat avec des entreprises locales, afin qu’ils soient adaptés aux exigences du terrain comme de la loi. »

Potentiel de la mobilité douce pour la gestion des flux en ville, intérêt des commerçants pour la formule, adhésion des sociétés de coursiers à vélo, équilibre des coûts pour les transporteurs…, les études réalisées dans le cadre du projet n’ont rien laissé au hasard et permettent de passer aujourd’hui à la vitesse supérieure.

« Les différents acteurs de la mobilité, réunis en consortiums, vont travailler à développer encore le dispositif, en lien avec les pouvoirs publics. La mise en service du vélo-cargo est prévue courant 2027 à Delémont, et la production de nouveaux véhicules un à deux ans plus tard. »

Pour en savoir plus sur les promesses de ce moyen de transport, et de manière plus globale sur la question de la mobilité urbaine et de sa gestion, le guide Gérer le dernier kilomètre de livraison de marchandises en ville, réalisé par Nicolas Babey, est à télécharger sur le site du Réseau des villes de l’Arc jurassien.

 

Illustrations de Nicolas Babey, du guide Gérer le dernier kilomètre de livraison de marchandises en ville.

 

retour
↑