Université de Franche-Comté

[Enseignement innovant]

La réalité virtuelle passe aux urgences

Brûlure, fracture ouverte, obstruction des voies aériennes, hémorragie…, la liste est longue des traumatismes graves pris en charge aux urgences d’un hôpital. Savoir faire face à ces situations signifie acquérir un grand nombre de connaissances et principes théoriques, des enseignements inscrits spécifiquement au programme de la sixième année d’études de médecine.

Pour faciliter l’apprentis­sage des étudiants, une équipe d’urgentistes et de chercheurs a imaginé faire appel à la réalité virtuelle pour créer des exercices pratiques simulant un accueil dans un service d’urgence.

L’idée s’est depuis concrétisée dans un projet européen1, autour de cinq scénarios construits pour donner lieu à la création d’un logiciel de réalité virtuelle.

Chargée de l’évaluation des scénarios et de l’expérience de réalité virtuelle elle-même, l’équipe de Besançon, pilotée par Abdo Khoury, professeur de médecine d’urgence à l’UMLP et praticien au CHU, est composée de Marc Smounya, infirmier aux urgences du CHU, de Justin Outrey, urgentiste, et de Jean-Baptiste Pretalli, chercheur, qui précise : «­ Il s’agit de mesurer si la mise en situation est suffisamment immersive, le dispositif physiquement bien toléré par les participants, et la méthode satisfaisante pour l’apprentissage ».

Arrivée du patient en hélicoptère ou en ambulance, présence de l’équipe médicale, stress amplifié par les signaux lumineux et les bips sonores, les scènes proposées paraissent aussi vraies que nature. Elles fournissent les conditions d’un exercice réaliste et sans risque, dans lequel les étudiants s’exercent à la prise de décision concernant les gestes de secours à effectuer et les soins à administrer.

« La réalité virtuelle est particulièrement bien adaptée à la problématique de l’accueil en urgence de patients présentant de sévères traumatismes, et devrait aider les étudiants à mieux acquérir les connaissances théoriques demandées. »

 

Des premiers tests encourageants

Jean-Baptiste Pretalli en a reçu des preuves encourageantes grâce aux premiers tests effectués auprès des principaux intéressés. Une nouvelle étape d’évaluation s’ouvre actuellement, avec le recru­tement de quatre-vingt étudiants dans chacune des universités partenaires du projet. « L’objectif, à terme, est de mettre les cinq scénarios gratuitement à disposition de l’ensemble des universités européennes. »

Une fois les scénarios réalisés, la réalité virtuelle s’avère en effet une solution peu coûteuse pour l’apprentissage des étudiants en médecine. « Elle pourrait avantageusement compléter les méthodes traditionnelles actuelles, qui nécessitent des moyens humains et logistiques importants. »

Pour affiner encore leurs résultats, les membres de l’équipe envisagent de comparer les apports respectifs de ces différentes approches. Un volet additionnel au projet européen, dont la clôture est prévue en octobre prochain au terme de deux années de recherche.

1 Piloté par l’université de Vilnius en Lituanie, le projet reçoit la collaboration de l’université de Warmie et Mazurie à Olsztyn, en Pologne, le Centre de simulation MedSim de l’UMLP et le Centre d’investigation clinique (CIC) du CHU de Besançon Franche-Comté.
Crédit photos : Un urgentiste examine un patient dans la salle d’accueil virtuelle des urgences vitales – Jean-Baptiste Pretalli

 

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