Développer un agent conversationnel, un chatbot, pour prévenir les souffrances suicidaires, tel est l’objectif du projet HOPE-S1 qui s’est terminé en juin à la HE-Arc.
Problème majeur de santé publique, les souffrances suicidaires sont responsables de la mort de 700 000 personnes chaque année dans le monde, et l’OMS estime qu’ils représentent la quatrième cause de décès chez les jeunes de 15 à 29 ans. C’est justement parce que ce public est très concerné par les nouvelles technologies, et parce qu’il lui est difficile, compte tenu de sa détresse, de s’adresser directement à un professionnel, que l’idée de HOPE-S s’est imposée.
« Il n’est pas question de remplacer l’humain, mais dans un premier temps d’accompagner la personne, de lui fournir des informations probantes et de l’orienter vers les services de santé les plus adéquats, par le biais du dialogue avec la machine », indique Baptiste Lucien, doctorant en sciences infirmières à la HE-Arc Santé, et instigateur principal du projet.
Constituée autour des compétences des domaines Santé et Ingénierie de l’école, l’équipe de recherche s’est appuyée sur l’analyse de données récoltées sur le terrain, pour proposer une solution qui s’ajuste aux besoins de la population. Pour les personnes concernées et leurs proches, se repérer et trouver des réponses s’avèrent ardus dans un système de santé de plus en plus complexe, d’autant plus lorsque le malaise et les difficultés absorbent toute énergie.
Pour s’informer sur les moyens d’accompagnement, le recours à des grands modèles de langage tels que ChatGPT, si évident dans la démarche pour le jeune public, n’est pas suffisamment performant : « Les outils généraux renvoient vers des structures universitaires comme le CHUV, parfois géographiquement éloignées, et ne réorientent pas vers les urgences psychiatriques et autres structures compétentes de proximité. »
Le chatbot romand a pour ambition, à terme, de devenir une référence sur laquelle les grands modèles de langage s’appuieraient, afin que l’interrogation des IA génératives stars puisse être redirigée vers l’application spécialisée.
Dans l’immédiat, le prototype réalisé devrait prochainement être décliné, gratuitement, en deux propositions : une application mobile et une version web.
« HOPE-S demande à être poursuivi, pour que l’outil puisse être adapté à différents contextes géographiques et culturels, et disponible dans plusieurs langues. Le souhait est de proposer un service efficace et très abouti », précise Baptiste Lucien.
Financé par la HES-SO2, le projet s’est conclu fin juin après deux ans de travail. Les membres de l’équipe espèrent obtenir prochainement de nouveaux financements pour le relayer, et ainsi donner toute la latitude voulue à leur agent conversationnel.