Université de Franche-Comté

Zone atelier de l’Arc jurassien : le sens de l’observation

« Terre de terroirs », l’Arc jurassien se prête à de nombreuses recherches sur les interactions entre environnement, écosystèmes et société. Sous la forme d’une zone atelier labellisée par le CNRS, ces travaux interdisciplinaires pourront s’inscrire dans le long terme, et faire l’objet d’une véritable gestion des données recueillies sur le terrain.

Terre à la fois agricole et industrielle, l’Arc jurassien est marqué par des relations de longue date entre l’homme et son environnement. Dans son acception française, il évoque pêle-mêle le Comté, le Morbier, le Bleu de Gex, le vin jaune et les automobiles Peugeot. Très vite associé dans les esprits à son versant suisse, il suggère alors la mobilité transfrontalière et le développement des lotissements résidentiels.

On ne s’étonnera donc pas que la toute jeune zone atelier Arc jurassien (ZAAJ), pur produit des instances de recherche française, lorgne du côté de la Suisse pour un ralliement qui lui donnerait sa pleine envergure.

Le territoire de la ZAAJ, tel qu’il est défini aujourd’hui, s’étend le long des contreforts du Jura, de Belfort à Chambéry. Labellisée par le CNRS en 2013, la zone atelier est née d’un projet porté par le laboratoire Chrono-environnement de l’université de Franche-Comté, rejoint dans cette aventure par ses voisins immédiats, ThéMA pour la géographie et LMB pour les mathématiques, par l’URTAL de Poligny, spécialisé en technologie et analyse laitière, et par le laboratoire EDYTEM de l’université de Savoie, comme lui pluridisciplinaire. Elle bénéficie par ailleurs du soutien d’autres grandes structures fédératives (cf. encart). Son objectif ? Assurer à long terme la collecte, le traitement, la sauvegarde et l’analyse de données de terrain, toutes dédiées à l’étude du lien entre environnement, écosystèmes et société. Des informations utiles à la fois à la recherche et à la gestion du territoire.

Carte de la Zone atelier de l'Arc jurassien (ZAAJ)

L’environnement en partage

La zone atelier de l’Arc jurassien (ZAAJ) est la dernière-née d’un réseau créé par le CNRS dans tout l’Hexagone et certains territoires d’outre-mer. Fondées sur le concept d’interdisciplinarité, elles sont toutes dédiées à l’environnement et aux relations entre les différents systèmes qui le constituent, dans une perspective d’étude à long terme. Douzième du genre, la ZAAJ met en relation l’écologie et la société. Les zones ateliers développées ailleurs s’intéressent aux grands fleuves, à l’usage des terres, aux changements climatiques, à l’environnement urbain, au littoral. Et si le rayon d’action des zones ateliers se profile à l’échelle d’une région, les recherches qu’elles font valoir sont toutes en lien avec des questions de société d’intérêt national.

La ZAAJ reçoit le soutien de l’OSU Franche-Comté – Bourgogne (Observatoire des sciences de l’Univers) dont la mission THETA (Terre homme environnement temps astronomie) est en plein accord avec ses objectifs, de la Maison des sciences de l’homme et de l’environnement Claude Nicolas Ledoux pour la partie sciences humaines, et du DIPEE, un dispositif de partenariat en écologie et environnement mis en place en région par le CNRS pour mieux organiser les actions qu’il mène avec les universités concernées.

 

Informations régionales

Quatre grands thèmes de recherche définissent l’action de la ZAAJ : écosystèmes et environnement ; contaminants et santé ; usages d’un espace en mutation ; observatoires et modélisation. Différents dispositifs d’observation apportent à chacun leurs enseignements, dans une optique pluridisciplinaire. « Jurassic karst » vise à caractériser l’évolution des hydrosystèmes karstiques du massif du Jura ; « Tourbières » observe le fonctionnement de ces zones protégées, soumises aux perturbations climatiques et anthropiques ; un concept décliné avec « Lacs jurassiens » et « Biodiversité des prairies », chacun pour la partie qui le concerne sur le territoire ; « Santé humaine » considère différentes pathologies humaines liées à l’environnement ; « Rongeurs – prédateurs » s’intéresse à certaines populations de campagnols et à leurs prédateurs ; « Faune sauvage et contaminants » mesure les effets des polluants sur les populations animales ; « Forêt de Chaux » est dédié aux sols hydromorphes, c’est-à-dire dont le fonctionnement est influencé par une nappe d’eau, de la célèbre forêt comtoise ; enfin, « Les Échelles » fédère de nombreuses problématiques sur un même site, de la géologie au tourisme patrimonial.

Les interactions entre le milieu et les sociétés se mesurent donc ici à l’échelle régionale, et investissent des travaux scientifiques interdisciplinaires, dont les résultats seront valorisés sur le long terme. « La gestion des données est un paramètre d’une importance capitale », rappelle Patrick Giraudoux, responsable de la ZAAJ. Le stockage et l’analyse bénéficieront à la fois de la grande expérience de l’OSU THETA, dont l’Observatoire de Besançon engrange des informations célestes depuis plus d’un siècle, et des compétences du Laboratoire de mathématiques de Besançon (LMB).

Outre leur intérêt scientifique permettant la compréhension de phénomènes interdépendants pour expliquer le fonctionnement et l’évolution d’un territoire, ces informations seront utiles aux gestionnaires de terrain et élus locaux pour la prise de décision en matière environnementale.

Identification d'un milan

Contact : Patrick Giraudoux 

Laboratoire Chrono-environnement 

Université de Franche-Comté / CNRS
Tél. (0033/0) 3 81 66 57 45 

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