Université de Franche-Comté

Traitement de surface : bien traiter l'environnement

Puisée, utilisée puis rendue à la nature, l’eau est l’ingrédient indispensable à tout procédé de traitement de surface. Contraintes par la législation et néanmoins souvent soucieuses de l’environnement, les entreprises multiplient les efforts pour limiter les rejets de polluants associés à leur activité.
Établir un partenariat avec les chercheurs du laboratoire Chrono-environnement de l’université de Franche-Comté fait partie des solutions que certaines ont choisi de mettre en avant. D’abord dans le cadre du projet Métaldex débuté en 2008, puis avec Nirhofex, qui a pris la relève en 2013.

Le premier s’intéressait à des substances polluantes minérales comme les métaux (zinc, nickel, cuivre…) et les anions (fluorures…), le second allonge la liste avec des molécules organiques considérées comme dangereuses, tels les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les composés organiques volatils (COV) et autres alkylphénols, portant à une quarantaine les éléments nocifs traqués par les acteurs du programme de recherche. Un programme financé par l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, la région Franche-Comté, l’Europe par le biais du FEDER, et les entreprises
aujourd’hui au nombre de quatre : SILAC, GALVANOPLAST, ZINDEL et VMC Pêche, toutes franc-comtoises.

Instigateurs des deux projets, les chimistes Nadia et Grégorio Crini ne cachent pas leur satisfaction. « Les résultats sont avérés en termes de gain environnemental comme financier. » La teneur de certaines substances rejetées s’est notablement affaiblie, comme le cuivre, le fer ou les fluorures, de même que les quantités de réactifs utilisés (notamment la javel, se traduisant par une forte baisse des composés chlorés – cf. tableau comparatif).

Tableau comparatif des teneurs en polluants avant et après intervention sur station de décotamination

Comparaison des valeurs des flux exprimés en kg/an avant et après changement de la station
(à activité industrielle et volume rejeté comparables)

« Les industriels disposent de stations de décontamination automatisées et efficaces. Mais il leur manque souvent du temps et des connaissances en chimie pour rendre ces dispositifs pleinement opérationnels. Nous apportons notre savoir-faire pour optimiser leur équipement par des ajustements adéquats, avec à la clé une meilleure performance pour le traitement et une baisse des coûts. »

L’innovation est présente sur l’ensemble du procédé de décontamination, et privilégie les solutions respectueuses de l’environnement. Les chercheurs interviennent en amont avec l’introduction de matières naturelles synthétisées pour assurer le traitement de l’eau, comme le chitosane, provenant notamment du squelette des crustacés, ou la cyclodextrine, qui, issue de l’amidon, est capable d’emprisonner les molécules toxiques. Ils opèrent un contrôle en aval, mesurant l’impact des rejets sur des organismes vivants par des bioessais mesurant l’inhibition de la mobilité des daphnies (crustacés d’eau douce) ou de l’éclosion d’oeufs d’escargots, ou encore par des tests de germination et de croissance de divers végétaux.


Contact : Nadia Crini / Grégorio Crini
Laboratoire Chrono-environnement
Université de Franche-Comté / CNRS
Tél. +33 (0)3 81 66 57 86 / 57 01

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