Université de Franche-Comté

Plantes en bocaux

Nouveaux défis pour la botanique

© Photo HE-Arc CR / Botanisches Museum der Universität Zürich

Pour conserver, étudier et exposer les plantes, les botanistes confectionnent des herbiers, réalisent des croquis, et plongent des spécimens dans des bocaux. Des bocaux remplis de solution de conservation, par le passé du formol, peu à peu supplanté par l’éthanol et le glycérol. Cette méthode pose le problème de l’évaporation du liquide de conservation, un phénomène qui peut se révéler dangereux, non seulement pour la conservation des échantillons, mais aussi en termes de santé et de sécurité. Elle montre également ses limites dès lors que le liquide de conservation est contaminé par les colorants de certaines plantes, rendant difficile, et parfois même impossible leur observation. C’est ce double problème que l’on s’attache à résoudre à la Haute Ecole Arc Conservation-restauration. Le premier a fait l’objet du mémoire de master d’une étudiante, Marion Dangeon, qui désormais collabore au projet de recherche FLUIDIS, chargé de remédier au second, sous la direction de Laura Brambilla. « Les domaines de spécialité de la HE-Arc en conservation-restauration concernent surtout les objets archéologiques et techniques. Les collections d’histoire naturelle intéressent cependant aussi les deux filières d’enseignement, et leur étude est très prisée par les étudiants », explique-t-elle.

 

Améliorer la conservation

Photo HE-Arc CR / Botanisches Museum der Universität Zürich

Le projet FLUIDIS est mené en collaboration avec le Musée botanique de l’université de Zurich (www.botmuseum.uzh.ch), qui possède des collections considérables de plantes en fluides, pour certaines largement concernées par cet inconvénient de coloration. « Nous cherchons à déterminer quels colorants sont en jeu, quelles interactions se produisent entre la plante et le solvant, si la période de récolte influence le taux de coloration… Nous essayons aussi de mettre au point des méthodes de fixation des couleurs, notamment pour les plantes qui diffusent continuellement leurs pigments, même enfermées dans des bocaux depuis des années ! »

Outre des considérations d’ordre esthétique pour l’exposition en musée, le projet FLUIDIS présente de véritables enjeux pour la recherche. Certaines plantes, conservées en fluide dès le XVIIe siècle, depuis 1895 à Zurich, n’existent plus à l’état naturel. Par ailleurs, l’extraction de l’ADN, qui apporte aujourd’hui de précieux enseignements, est plus facile à obtenir sur une plante en fluide, pour laquelle les tissus sont préservés, que sur une plante séchée.

Démarré en avril dernier, FLUIDIS donnera ses conclusions au terme d’une année de recherche, et pourrait se voir élargi à d’autres problématiques.

Contact :
Haute Ecole Arc - Conservation-restauration
Laura Brambilla
Tél. +41 (0)32 930 19 19
laura.brambilla[at]he-arc.ch
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