Université de Franche-Comté

Nouveaux CAR T-Cells contre le cancer

Preuve de concept, absence de toxicité et sécurité du médicament : les cellules génétiquement modifiées (CAR T-Cells) mises au point et brevetées par des chercheurs bisontins sont prêtes à passer à l’étape clinique, dans le cadre de la lutte contre le cancer.

Préparation de médicament en salle blanche

Plateforme de production des médicaments de thérapie innovante (MTI) à l’EFS (Besançon). Photo UFC

L’aventure des CAR T-Cells se poursuit au laboratoire Interactions hôte-greffon-tumeur & ingénierie cellulaire et génique. Le brevet déposé en début d’année 2018 a été prolongé et étendu à l’international en novembre dernier. Une publication dans la revue de référence Cancer Research en 2019 a définitivement validé la preuve de concept, l’absence de toxicité et la sécurité du médicament, après tests sur la souris.

Lymphocytes T guidés par GPS

Les CAR T-Cells sont des lymphocytes T guidés par un récepteur CAR vers des cellules tumorales qu’ils sont capables de détruire, sans que les cellules saines soient touchées. Ces lymphocytes issus du système immunitaire et génétiquement modifiés deviennent des médicaments de thérapie innovante (MTI), sur lesquels sont fondés bien des espoirs en matière de lutte contre le cancer, chez des patients en impasse thérapeutique. Le CAR T-Cell mis au point à Besançon est le premier en France né des travaux de recherche d’une équipe académique. La preuve de concept a de plus été établie pour un récepteur CAR ciblant de façon inédite la protéine associée au récepteur de l’interleukine 1 (IL-1RAP), marqueur de la cellule souche leucémique dans un premier temps visée par les chercheurs.

Prochaine étape : l’étude clinique

« Personne n’avait encore songé à ce marqueur pour des immunothérapies cellulaires CAR T-Cells, alors que le spectre de tumeurs qu’il est susceptible de concerner est très large », racontent Christophe Ferrand et Marina Deschamps, tous deux spécialistes de génétique moléculaire, et inventeurs avec Fabrice Larosa, hématologue au CHU de Besançon, du CAR IL-1RAP.
L’équipe a apporté la preuve de l’innocuité du traitement chez la souris, à qui du sang de cordon humain a été injecté dans la moelle osseuse. Les chercheurs ont démontré que les cellules saines de la moelle, reproduisant grâce à ce procédé des caractéristiques humaines, étaient restées intactes après réimplantation de lymphocytes T génétiquement modifiés selon la formule CAR IL-1RAP.

Recherche pionnière en France

La prochaine étape devrait concerner l’être humain, mais pas moins d’un million d’euros sont nécessaires pour lancer un test clinique auprès d’une douzaine de patients. Les chercheurs mobilisent leurs ressources et formulent le souhait que cette recherche pionnière en France, et qui force l’intérêt de l’INCA(1), fasse un jour partie de l’arsenal thérapeutique proposé aux patients.
Un souhait d’autant plus réaliste que les conditions les meilleures sont réunies sur le sol bisontin pour mener à bien un tel projet : équipements, technologies, compétences académiques et industrielles, proximité du CHU et liens hospitalo-universitaires, et un établissement pharmaceutique EFS de fabrication de MTI en capacité de produire les dizaines de millions de cellules nécessaires par patient.

 

(1) INCA : Institut national du cancer

Pour en savoir plus, l’article paru dans en direct n°276, mai-juin 2018

Contact : Laboratoire Interactions hôte-greffon-tumeur & ingénierie cellulaire et génique - Équipe TIMC (Thérapeutique immuno-moléculaire des cancers) - EFS BFC / UFC / INSERM - Christophe Ferrand / Marina Deschamps - Tél. +33 (0)3 81 61 56 15 - christophe.ferrand[at]efs.sante.fr / marina.deschamps[at]efs.sante.fr
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