Université de Franche-Comté

Assurance multirisque franco-japonaise

Présentation de la carte communale des risques par les habitants de Chizu (préfecture de Tottori)

Séismes, tsunamis, inondations, les évènements naturels extrêmes provoquent des catastrophes humaines et économiques à l’échelle de toute la planète, défiant les capacités de protection, d’adaptation et de résilience des sociétés. Le projet franco-japonais SECURES1 entend tirer profit des expériences vécues autour de telles tragédies pour élaborer les stratégies de réponse les plus efficaces possible. À l’initiative de ce projet, l’historien Emmanuel Garnier est spécialiste de ces questions, qu’il juge indispensable de considérer de façon transversale. « Trop longtemps ont prévalu des méthodes de prévention des risques n’impliquant qu’une discipline. Elles se sont toutes soldées par des échecs. »Partant d’analyses historiques, SECURES intègre les apports de la géographie, de la géologie, de la sociologie et de l’économie, ainsi que des expertises en ingénierie. Le projet implique, côté français l’université de Franche-Comté, et côté japonais les universités de Kyoto, de Tsukuba et de Tokyo, figurant parmi les 5 premières universités nippones. Chacune est dotée de compétences internationalement reconnues et complémentaires. Le rapprochement peut surprendre, mais si la France et le Japon paraissent aux antipodes en matière de risques, la gestion des catastrophes, elle, peut présenter des similitudes et apporter des enseignements utiles d’un bout à l’autre du vaste continent qui les sépare.

 

PICS Secure

Vue de la vallée de Chizu (préfecture de Tottori)

1 SECURES pour Safe, SECUre and REsilient Societies est un projet international de coopération scientifique (PICS), conclu entre une équipe CNRS en France et une équipe à l’étranger pour trois ans, afin de renforcer une collaboration déjà fructueuse. L’équipe française est composée d’Emmanuel Garnier, historien (responsable), Sylvie Damy, informaticienne et Olivier Fabbri, géologue, tous membres de l’UFC et du laboratoire Chrono-environnement.

 

 

Contrats pluridisciplinaires

Un fil conducteur se tisse ainsi de la tempête Xynthia balayant la côte ouest française en 2010 au cataclysme s’abattant sur Fukushima l’année suivante ; il est à relier à bien d’autres épisodes encore, recensés sur les deux siècles passés.
Survenue des phénomènes, dommages causés aux infrastructures, coûts humain et financier…, les archives religieuses et les documents administratifs serviront de base historique à l’étude et se complèteront d’observations actuelles pour alimenter des modèles mathématiques mis au point au laboratoire Chrono-environnement. En prédisant la fréquence et l’intensité des phénomènes à venir, ces modèles donneront les moyens d’anticiper de potentielles catastrophes humaines et économiques.

 

station de mesure de la radioactivité dans la région de Fukushima

Station de mesure de la radioactivité dans la région de Fukushima

En marge des statistiques et des probabilités, les méthodes employées sur le terrain font aussi leurs preuves et peuvent aider à élaborer ailleurs des stratégies d’action. « Au Japon, dans les régions montagneuses difficiles d’accès, les citoyens se réunissent pour cartographier les risques et organiser eux-mêmes des plans de secours. Ce modèle social né du terrain est favorisé par les instances politiques, qui ne peuvent elles-mêmes protéger efficacement les populations et donnent à ces dernières les moyens de s’en charger. »

 

Les aspects de résilience sont également au programme du projet. Pour dépasser le traumatisme de la catastrophe de Fukushima, SECURES proposera de s’inspirer du modèle des sociétés traditionnelles autochtones pour recréer un contexte rendant possible une nouvelle vie. Les habitants de cette région essentiellement rurale ont en effet soit été relogés en ville et se sentent déracinés, soit continuent de vivre dans un paysage désolé et parsemé de montagnes de déchets de huit mètres de haut.
Validée par le CNRS avec le lance­ment de SECURES, l’initiative d’Emmanuel Garnier est également soutenue par UBFC, qui vient de lui accorder une bourse I-SITE pour se rendre pendant une année au Japon, où il travaillera auprès de collègues du Disaster Prevention Research Institute de l’université de Kyoto, en qualité de professeur invité.

 

Photos Emmanuel Garnier

 

 

Contact :
Laboratoire Chrono-environnement
UFC / CNRS
Emmanuel Garnier
Tél. +33 (0)3 81 66 65 68
retour