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Les 4 jours pro : UTBM Innovation Crunch Time©

Vignette du numéro 277 de Juillet 2018

Article publié dans le numéro 277 de Juillet 2018
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Imaginer un concept d’explorateur de voix, rendre une marionnette interactive ou revoir l’organisation d’une chaîne de production… la variété n’a d’égale que la créativité à l’UTBM Innovation Crunch Time©. La deuxième édition de cet évènement, déjà promu au rang d’incontournable sur le territoire comme dans le monde universitaire, a réuni en mai dernier à l’Axone à Montbéliard mille sept cents étudiants, de nombreux enseignants et acteurs de l’enseignement supérieur, et les responsables de soixante entreprises, tous préoccupés par la résolution de cent cinquante problématiques des plus diverses, de la plus prospective à la plus pragmatique.

 

tables rondes

Quand on arrive dans une entreprise, on ne choisit pas ses collègues, on ne choisit pas non plus les sujets sur lesquels on va travailler.

À l’UTBM Innovation Crunch Time©, c’est pareil ! Le rendez-vous géant organisé par l’université de technologie a proposé aux quelque 1 700 étudiants qu’il a réunis en mai dernier de se mettre en situation professionnelle pendant 4 jours. 4 jours pendant lesquels, par groupes pluridisciplinaires agrégeant tous les niveaux de formation (BAC + 1 à BAC + 5) ils ont eu à plancher sur un projet, une idée, un concept soumis par une entreprise. Des équipes constituées par des étudiants issus de différents cursus, par des jeunes recrues de l’UTBM comme par ceux prêts à décrocher leur diplôme d’ingénieur. Pour sa deuxième édition, l’UTBM Innovation Crunch Time© a aussi ouvert ses portes à d’autres établissements : des étudiants de l’École supérieure des technologies et des affaires (ESTA) de Belfort, des universités de technologie de Compiègne et de Troyes, de l’université de Neuchâtel, de la Haute Ecole Arc, et de l’université Cadi Ayyad de Marrakech étaient conviés à rejoindre ses rangs pour participer « au plus grand exercice universitaire de ce genre jamais organisé dans l’hexagone. » Le concept plaît, à tel point que les universités de technologie de Compiègne, de Troyes et de Shanghai (UTSEUS) envisagent à leur tour de programmer un évènement similaire, avec l’aide de l’établissement comtois, pionnier dans le domaine et déjà rompu à l’exercice. Dès octobre 2018, c’est Marrakech qui en sera le théâtre.

 

Win-win formula

Julie Mantion est Innovation Manager chez Alstom à Saint-Ouen. Comme son entreprise, ses racines sont en Franche-Comté et elle cultive de bonnes relations avec l’UTBM, dont elle est diplômée. La collaboration développée entre Alstom et l’UTBM se compte en années et fait l’objet de contrats de recherche d’envergure. C’est donc tout naturellement que l’entreprise s’est ici engagée comme mécène. « La communication est permanente et la collaboration fructueuse : les relations sont du même acabit à l’UTBM Innovation Crunch Time©. » Julie Mantion explique la valeur ajoutée de l’intervention des professionnels en termes de méthodologie : « À l’énoncé d’un sujet, les étudiants ont tendance à partir tout de suite vers les solutions techniques. Nous leur apportons un recul nécessaire en leur parlant contraintes d’exploitation ou verrous technologiques ». L’entreprise bénéficie en retour d’un regard neuf sur ses projets et ses activités, celui d’étudiants adeptes de nouvelles technologies et sans idées préconçues sur le monde ferroviaire. Un échange gagnant-gagnant, une passerelle université et entreprise.

 

Une organisation monstre

C’est que l’organisation est de taille : 60 entreprises partenaires à l’origine de 150 projets technologiques ont répondu présent à l’appel de l’UTBM cette année ; 40 conférences thématiques animées par des ingénieurs, des enseignants et des chefs d’entreprises ont ponctué ces 4 jours ; un FabLab éphémère a donné la possibilité aux participants de concrétiser sur place leur projet, par la réalisation d’une maquette ou d’un prototype. La logistique est du même ordre : 200 m3 de matériel et pas moins de 11 palettes chargées de paperboards ont été livrés à l’Axone à Montbéliard ; la bibliothèque a mis à disposition des dizaines d’ouvrages et des connexions pour accéder en ligne à ses bases de données ; mis à contribution, le CROUS a installé sur place une annexe au restaurant universitaire pour la distribution de 8 000 repas sur l’ensemble des quatre jours ; pas moins de 160 kg de bonbons ont été distribués aux étudiants.

Faire croître les jeunes pousses

Au chapitre des nouveautés, l’accent a été mis cette année sur des projets étudiants candidats à la création de start-up. Des projets sélectionnés pour leur pertinence, leur viabilité et leur état d’avancement. Quarante-neuf étudiants ont ainsi pu confronter leurs idées, faire mûrir leur plan, et en discuter avec des partenaires et des enseignants. L’UTBM les épaule dans leur démarche, et remettra notamment aux meilleurs projets un chèque de 5 000 euros provenant d’un fonds de revitalisation alimenté par PSA et Alstom. Cette manne inespérée, et dont ils ignoraient tout au moment de la manifestation, donnera à ces créateurs en herbe la possibilité de tester sans risque leur projet, avant de pouvoir intégrer le cas échéant un incubateur.

À tout niveau, qu’il s’agisse de sujets suggérés par des entreprises pour que les étudiants se frottent à leur réalité, ou de projets avancés par de futurs ingénieurs désireux de créer leur propre structure, il y avait tout à gagner à participer à cette rencontre placée sous le signe de l’innovation. Un format d’apprentissage collaboratif inédit, favorisant les échanges entre les étudiants et le monde socioéconomique. Rendez-vous en 2019 pour une édition augmentée… sur cinq jours !

 

 

Sécateur Virtuel

Une vigne nécessite les plus grands soins et la taille des ceps ne s’improvise certes pas. Si les techniques existent et sont bien maîtrisées, l’apprentissage des gestes par les futurs spécialistes s’effectue sur le terrain, en s’exerçant sur les pieds de chardonnay ou de pinot noir. Pour éviter trop de gâchis, l’équipe d’étudiants missionnée sur cette problématique a imaginé une méthode virtuelle, où les ceps de vigne « repoussent » d’une image à une autre sous des configurations différentes, et où le sécateur se transforme en manette de jeu. L’apprenti viticulteur muni d’un casque de réalité virtuelle exécute les gestes comme s’il se trouvait en situation réelle. L’application est même capable de lui montrer en accéléré le dépérissement probable d’un pied auquel il aurait infligé un coup de sécateur abusif. « Il s’agit d’apprendre à couper pas à pas, en adaptant son geste à la vigne telle qu’elle se présente, et en sachant qu’une erreur de positionnement du sécateur de quelques millimètres peut être préjudiciable à la santé des ceps », expliquent d’une seule voix les complices de l’éphémère entreprise. Issus de différentes spécialités d’ingénieur dispensées à l’UTBM (mécanique, mécanique et ergonomie, systèmes industriels et informatique), ils ne se connaissaient pas et ont dû accorder leurs compétences et leurs points de vue pour présenter une solution collaborative et convaincante au Vinipôle Sud Bourgogne, commanditaire du projet.

 

 

Contact :

Olivier Lamotte - UTBM Innovation Crunch Time© / OpenLab - UTBM

Tél. +33 (0)3 84 58 33 44