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« Le patrimoine industriel au prisme de nouveaux défis »

Vignette du numéro 276 de Mai 2018

Article publié dans le numéro 276 de Mai 2018
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Au début des années 1990, le quartier d’activité industrielle de Belfort, plus que centenaire, à l’histoire marquée par des grands noms de l’industrie comme DMC, Bull ou Alstom, voit son existence menacée. Progressivement rachetés par SEMPAT, la société d’économie mixte patrimoniale du Territoire de Belfort (aujourd’hui TANDEM), les locaux désertés donnent naissance à partir de 2003 à un nouveau complexe industriel. Techn’hom compte aujourd’hui, sur cent dix hectares, sept mille cinq cents salariés, mille étudiants de l’UTBM et de l’université de Franche-Comté, plus de cent vingt entreprises industrielles ou tertiaires, et développe une politique de services tant à destination de ses entreprises que de ses usagers.

Cette reconversion patrimoniale, reconnue aujourd’hui exemplaire, nourrit les recherches menées depuis quinze ans à l’UTBM par l’équipe RECITS, désormais intégrée à l’Institut FEMTO-ST, et notamment par Marina Gasnier, spécialiste du patrimoine industriel.

hall d'usinage de grosses dynamos SACM Belfort

Société Alsacienne des Constructions Mécaniques à Belfort (SACM).

Hall d'usinage des grosses dynamos. ­©AD Territoire de Belfort

Avec cette dernière parution, Marina Gasnier signe un ouvrage richement documenté et particulièrement novateur sur cette problématique. Loin de voir dans les bâtiments, usines et conceptions du passé des reliques à conserver en l’état, certes intactes mais comme pétrifiées au titre du devoir de mémoire, l’auteure invite à les intégrer à une dynamique vivante. Repensé, reconsidéré, le patrimoine industriel offre ses atouts pour devenir un point d’appui à la pérennisation ou à l’émergence d’activités économiques, possiblement doublées d’une dimension culturelle. La démarche prend aussi en considération les préoccupations actuelles de préservation de l’environnement, l’ensemble servant le développement global d’un territoire.

Ambitieuse, cette approche est cependant accessible, et plus encore : elle est un choix éclairé et innovant (ré)conciliant le passé et le présent dans une perspective d’avenir. Elle suppose et encourage l’adhésion de tous les acteurs du développement, non seulement les collectivités, mais aussi les entreprises. L’analyse de Marina Gasnier milite en ce sens, elle s’étaye de l’étude d’un corpus de sites industriels reconvertis ou en cours de reconversion, en France et ailleurs, d’enquêtes de terrain auprès d’entrepreneurs, d’élus et d’usagers, de recherches documentaires, et enfin de travaux d’ethnologues, d’historiens de l’art, de l’économie et du social, de géographes et d’architectes. Une vision globale et transverse, à l’image de la façon dont il convient d’envisager la reconversion du patrimoine industriel ancien.

 

Gasnier M., Le patrimoine industriel au prisme de nouveaux défis, PUFC, 2018.