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De la noix de coco sur les toits philippins

Vignette du numéro 268 de Janvier 2017

Article publié dans le numéro 268 de Janvier 2017
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Les Philippines manquent cruellement de logements pour accueillir leur population, une situation aggravée par le passage régulier de typhons, dont le plus dévastateur a causé la mort de milliers de personnes en novembre 2013 et balayé des villes entières comme celle de Tacloban, dans le sud du pays. Cette région fait actuellement l’objet d’un aménagement architectural basé sur l’exploitation de la fibre de noix de coco, un projet issu d’une collaboration entre la Haute école de gestion Arc, la Haute école spécialisée bernoise, et la fondation Hilti.


La noix de coco est exploitée sous de multiples formes aux Philippines, qui sont le premier producteur mondial de ce fruit précieux entre tous. Mais l’enveloppe de la noix, ne faisant l’objet d’aucune transformation à grande échelle, est principalement brûlée. Plutôt que la voir réduite en cendres, les spécialistes suisses ont eu l’idée de la valoriser : de déchet, la gangue fibreuse se transforme en matière première pour la fabrication de panneaux de construction. Utilisé pour les revêtements intérieurs des murs et les toitures, ce matériau bon marché et de bonne qualité est une aubaine pour échafauder des maisons peu coûteuses et adaptées au climat du pays.

nois de coco

Un premier panneau produit en Suisse à titre d’essai a ouvert la voie à une phase préindustrielle aux Philippines. Selon un procédé maîtrisé à l’Institut des matériaux et de la technologie du bois dirigé par Frédéric Pichelin, coordinateur du projet, à la Haute école bernoise, les fibres sont agglomérées grâce à un adhésif naturel, le tannin. L’ensemble du processus de fabrication est désormais assuré sur place, où une usine pilote a été construite en préambule à une phase d’industrialisation espérée dans les prochaines années. « Une grande partie du budget a été investie sur place », approuve Milena Properzi, partenaire du projet à la Haute Ecole Arc. Un budget de 500 000 francs suisses, financé dans une optique de développement par le Fonds national suisse.

Le projet est mené en étroite collaboration avec des partenaires académiques et les principaux acteurs de la filière d’exploitation de la noix de coco aux Philippines, auxquels s’ajoute une ONG, la Fondation HILTI. De dimension à la fois technologique et commerciale, Cocoboards prendra fin en juin, mais le consortium espère voir l’aventure se poursuivre et la production des panneaux se développer. Une première habitation à base de noix de coco est actuellement en cours de construction dans la région de Tacloban.

Contact :

Milena Properzi

Haute école de gestion Arc

Tél. +41 (0)32 930 23 31